La saison –oui, la saison- m’impose un sujet ô combien riche et profond de la culture hongroise : l’alcool ! Si le pays est au carrefour de la culture du café et de celle du thé il est surtout au carrefour de la culture du vin et celle de la bière. Les Hongrois maîtrisent incontestablement la déclinaison de toute une gamme de saveurs alcoolisées, faisons donc la connaissance de quelques unes des plus fameuses d’entre elles.

Le « Fröccs » 

Messieurs les Français, voici quelque chose que vous allez détester adorer en faisant semblant d’adorer le détester. Le « fröccs » (prononcez « freutch ») est un pilier majeur de la culture alcoolisée hongroise. Il s’agit du mélange de vin (généralement blanc) et de soda ou d’eau pétillante. Avant de fermer cet article épris d’une rage folle et au nom d’indignations chauvinistes d’un christianisme soudainement retrouvé, laissez moi vous en dire plus sur ce sacrilège.

En Hongrie, il y a une bonne douzaine de manières de boire le « fröccs ». Le tout réside dans la connaissance des proportions à respecter et de savoir quelle place attribuer à l’eau et  quelle place attribuer au sang du Christ. 

A Budapest, certains bars disposent d’une liste explicative pour orienter les curieux.

Sachez à présent, que les hongrois n’ont pas inventé cette boisson pour emmerder les Français, mais simplement pour alléger le vin lors des chaudes journées d’été et ainsi avoir une bonne excuse d’en consommer plus.

Le « Unicum »

Encore une sauvagerie, mais bien à nous cette fois, le Unicum est le genre de boisson qu’on adore ou qu’on déteste, il n’y a simplement pas de juste milieu ; personne ne dit « bôf » au Unicum.

Cousin du Jaegermeister, cet alcool fort aux multiples herbes est réputé excellent pour les maux d’estomac et facilite la digestion. L’occasion de le goûter en Hongrie se présente après chacun de nos repas peu réputés diététiques…

enterrement de vie de garçon Budapest

 

La « Pálinka »

Pour les plus courageux, la pálinka est l’eau-de-vie miracle. C’est une boisson qui soigne à peu près tout : le rhume, la grippe, les maux de tête, de ventre, le cancer etc…

On la fait avec à peu près n’importe quoi mais le plus généralement à base de prune, de poire, de griottes ou de pêche. 

Dans le commerce, la teneur en alcool ne dépasse que rarement les 40%, en revanche, les pálinka faite maison (ou « házi ») peut atteindre 50 voire 60%.

Remarque : si vous en recevez en cadeau, prenez garde de ne pas la transporter trop longtemps dans une bouteille en plastique car l’alcool peut le ronger, versez la au plus vite possible dans une bouteille en verre. 

Si vous êtes invités quelque part à la campagne, surtout n’en refusez pas, ça risque d’être mal pris! 

La bière

La Hongrie n’est pas le pays de la bière mais un peu quand même. Depuis quelques années, de nombreuses petites brasseries locales font leurs propres bières artisanales et connaissent un succès toujours grandissant. Les heineken, corona, carlsberg et autres importations industrielles n’ont qu’à bien se tenir ; les bières artisanales hongroises surprendront plus d’un amateur et se frayeront sans difficultés un chemin dans le rangs des favoris.

Il faut que vous compreniez, en Hongrie, on boit. On trouve toujours un prétexte ; parce qu’on a gagné, parce qu’on a perdu, parce qu’on est tristes ou parce qu’on est de bonne humeur. Les diverses fêtes ne sont que des abominables prétextes aux abus les plus mémorables.

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